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Blog Niger - Bon debut de l'année scolaire

Bon début de l’année scolaire pour les enseignants du Niger

Un peu d’huile dans le moteur enlisé du dialogue social

Annemieke Schoemaker, formatrice de CNV Connectief, syndicat pour l’éducation, les administrations, les services publics et les soins et services sociaux, et Jan Ridder, de CNV Internationaal, sont partis pour le Niger, dans le cœur aride de l’Afrique. Pour la troisième fois déjà, les deux syndicalistes néerlandais, avec notre collègue africain Kafui Fiadjigbe, y donnent une formation au dialogue social. Annemieke Schoemaker fait son rapport.

Premier jour - Les mains en l’air

Au début de la formation, les participants nous donnent un aperçu de leur pratique quotidienne de négociation. Il est difficile d’entendre leurs histoires sans sourciller. Ce qui nous semble parfaitement normal chez nous, est tout à fait inhabituel ici. Un gouvernement qui ne respecte pas toujours les accords, des syndicats qui rivalisent entre eux ou qui sont montés les uns contre les autres, des syndicalistes qui sont transférés à la campagne s’ils sont trop critiques...  Pourtant, ces syndicalistes sont toujours des activistes pour leur syndicat. Dans les prochains jours, ils participeront à notre formation CNV pour acquérir de nouvelles idées et compétences.


Cette formation est une continuation des deux précédentes, et les participants sont en partie les mêmes, en partie des nouveaux. Nous constatons que les formations précédentes ont eu une incidence sur le travail de notre partenaire syndical au Niger. Grâce à la formation et à l’éducation, les négociateurs syndicaux sont désormais mieux placés pour apporter une contribution constructive au dialogue social. Ils sont ainsi mieux préparés aux négociations et adoptent une approche plus constructive lors des consultations.

Gagnant-Gagnant

Nous avons essayé d’élaborer un bon programme en incluant des techniques de négociation telles que : chercher à atteindre un résultat gagnant-gagnant, porter une attention particulière aux relations avec son interlocuteur, et concevoir des alternatives avant de s’engager dans une négociation. Bien sûr, ces principes ne sont pas tout à fait nouveaux pour nos participants. Ça fait pourtant une différence de prendre un peu de recul et d’analyser la réalité à l’aide d’une approche théorique ou d’un modèle de négociation et de communication. Cela mène à des discussions animées. De nombreuses mains se lèvent après une question posée aux participants en plénière. Chacun souhaite apporter sa contribution.
 

Il est également intéressant de noter qu’il y a deux ans, pour beaucoup de participants le travail en petits groupes était encore une nouveauté. Les sessions étaient parfois assez chaotiques. Désormais, les stagiaires semblent avoir acquis plus d’expérience avec cette façon de travailler en petits groupes. Les groupes s’organisent rapidement et se mettent au travail.

Utiliser le silence

Lorsque, après avoir visionné une vidéo sur les techniques de négociation, on demande quelle technique pourrait être utilisé à tel moment spécifique, l’un des participants répond : « un petit temps de silence ». Ne pas répondre ou intervenir tout de suite, mais laisser tomber un court silence. De cette manière, les participants réfléchissent à leur propre comportement et à la manière de l’affiner, en dépit des circonstances difficiles dans lesquelles ils doivent travailler. Une journée pleine d’énergie ! Espérons de même pour demain !

Deuxième jour - L’étape qui précède à la grève

Le mardi est consacré à la gestion des conflits. Le but ultime de ce stage est d’améliorer le fonctionnement du dialogue social. Pour les syndicats de ce pays, cela signifie également qu’ils ne doivent pas toujours recourir immédiatement à la grève pour se faire entendre.

Écoles fermées pendant des mois

Or, dans ce domaine, beaucoup de choses ont déjà changé. Alors que les années précédentes, les écoles étaient fermées pendant des mois à cause des grèves, après les stages sur le dialogue social des deux années précédentes il n’y a pas eu de cessation au cours de la dernière année scolaire ! Mais en attendant, les syndicats n’obtiennent toujours pas ce qu’ils veulent. Le dialogue social est verrouillé. C’est pourquoi nous examinons aujourd’hui comment se développent les conflits et quel comportement est pertinent à chaque stade du conflit.

L’un des participants a dit, très à propos : « Voilà ce que nous avons l’habitude de faire : si le consensus ne fonctionne pas, nous nous tournons tout de suite vers les moyens du pouvoir. Je vois maintenant qu’il peut y avoir une autre étape entre les deux, dans laquelle, par exemple, on peut recourir à un arbitrage ou encore aux dispositions de la loi. »

Émotions et identité

Dans l’après-midi, nous examinons le côté psychologique et émotionnel des conflits. Même dans un conflit syndical, on apporte ses propres émotions, son passé et son identité. Quel rôle cela joue-t-il ? Chacun des participants veut partager sa façon d’agir dans une situation de conflit. « Ces choses semblent petites et insignifiantes, et peut-être pas pertinentes dans les négociations « d’ampleur », mais en réalité elles sont très importantes ! Et si vous les négligez, vous n’aurez aucun succès ! », a fait remarquer très justement un participant. Cela nous fait plaisir de l’entendre !

Demain, nous continuerons avec le chapitre « Former le formateur ». Alors les participants pourront présenter eux-mêmes ce qu’ils ont appris. En route vers un meilleur dialogue social dans le secteur de l’éducation au Niger!

Troisième jour : Former le formateur - Une avalanche de feuillets post-it

Le mercredi du stage de dialogue social au Niger est consacré à la « formation des formateurs ». L’objectif est de permettre aux participants de mieux partager le contenu de cette formation avec leurs bases. Le matin, tout le monde travaille ardemment pour se préparer. L’après-midi, c’est le temps de donner son propre cours. Chaque groupe prend en charge une partie de la leçon.

Quel enthousiasme ! De petites pièces de théâtre ont été conçues pour montrer une négociation réussie. Lors des séances de remue-méninges, la salle est inondée de feuillets post-it. Dans la partie présentation, tout le monde est impliqué.

C’est ainsi que nous retrouvons le contenu de notre cours en l’entendant dans la bouche des participants. Au même temps, c’est une excellente façon de faire une brève récapitulation et de vérifier comment on a perçu la matière traitée.

Un peu d’huile dans le moteur enlisé du dialogue social

Aujourd’hui également, nous réfléchissons ensemble au meilleur message à envoyer au ministre, afin de verser un peu d’huile dans le moteur enlisé du dialogue social. Le lendemain, nous sommes effectivement reçus par le ministre de l’éducation primaire. Comme aux Pays-Bas, plusieurs ministres s’occupent de l’éducation. Seulement qu’ici ils sont encore plus nombreux. La discussion s’avère utile. Le dialogue social est déclaré ouvert à nouveau ! Des deux côtés, l’intention est de bien démarrer cette année scolaire.

Transferts à vie

Sont également abordées des questions difficiles, telles que les transferts d’enseignants à la campagne, loin de leurs familles. Étant donné que beaucoup d’enseignants sont des femmes, il n’est pas facile de combiner un tel poste avec la vie de famille. Mais le surplus d’enseignants à Niamey et la pénurie de personnel dans les régions font qu’au ministère aussi on connaît bien des difficultés. Nous, on se montre diplomates en faisant entendre que, dans certains cas, les transferts peuvent être acceptés. Toutefois, si l’appartenance syndicale joue un rôle dans la décision de transférer des personnes, nous avons bien entendu de sérieux doutes.

Plus tard, avec les responsables du syndicat, nous réfléchissons à la manière dont ils pourraient, en tant que syndicat, jouer un rôle plus important en négociant les conditions dans lesquelles les enseignants sont transférées. Dans la situation actuelle, les transferts son de pour vie ! Ne pourrait-on pas s’entendre sur d’autres conditions, ou sur un système de rotation de postes?

C’est bien à cela que sert un syndicat. Espérons que nous, cette semaine, on a servi un peu comme syndicat pour les participants, afin qu’eux, ils puissent devenir à leur tour un syndicat meilleur pour leurs membres. Pour le Niger.

Annemieke Schoemaker

Niger, 26-28 aôut 2019

Voir aussi: émission au Niger concernant le programme de formation de CNV Internationaal

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